Voyages en Toscane

vacances 2011

16:52, 7/09/2011, .. 7 commentaires .. Lien
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Milan. Quartier des Navagli et Porta Genova. On arrive comme après une bataille. 10 h du matin, visiblement les nuits sont plus agitées que les matins. Quelques noctambules indécrottables croisent quelques touristes avides.

Sabbioneta. De ces petites merveilles tranquilles et délicieuses qui jalonnent l’Italie. Ruelles désertes, quelques chats, une vieille Fiat 127, une ado souriante, un antiquaire plus âgé que son étal et de l’air doux à chaque coin de rue, de la lumière de rêve sur chaque placette, du chant du vent divin devant chaque porche et un transport d’allégresse dans la Galerie.

Mantoue. Nous l’avons abordée par la ville moderne et donc pas vue du lac comme le suggère les dépliants touristiques. Impressionnante de rigueur, de puissance, d’austérité, tout ici est à l’image des Gonzague, les Médicis régionaux, qui ont fait de cette cité un emblème de foi et de force.

L’ensemble architectural paraît terrorisé par l’imposante masse de la cathédrale qu’il semble à la fois craindre et protéger. Tout semble vouloir se coller au bâtiment religieux. Grands espaces et longues perspectives, tours de garde, murailles énormes, dôme oppressant, mâchicoulis menaçants, tout cette masse concède une beauté froide et austère.

Carpi: petite ville qui semble calquée sur sa grande soeur Mantoue.

Visite du musée Lamborghini dans un coin de campagne perdu. On raconte que Ferruccio Lamborghini voulait s’isoler de son rival Ferrari ou des influences de Maserati. A plusieurs kilomètres à la ronde, des radars, des ralentisseurs et des caméras partout! On trouve les anciens modèles superbes, la grande classe! Les créations récentes nous paraissent sombres, arrogantes, agressives, tout en angles.

Modène. On découvre une ville morte, vidée de ses habitants, tous commerces fermés. On se décide enfin à questionner un barman: «Mais c’est jeudi après-midi!» Ah bon? J’ai pu plusieurs fois observer en Italie ce genre de loi municipale qui contraint les commerces (grandes enseignes comprises) à certaines règles qui parraissent absurdes aux surconsommateurs que nous sommes devenus.

Bologne. Si vivante, tellement moins engluée dans un passé brillant comme Florence. Sans doute la présence de l’Université? Des kilomètres d’arcades dans les rues le plus modestes comme sur les larges avenues de la ville moderne, de quoi être toujours à l’ombre d’un soleil de plomb.

Impossible d’échapper au Lambrusco. Ce vin rouge pétillant est entouré d’une affreuse réputation depuis qu’un illuminé a voulu innonder le marché mondial avec ses excédents sucrés en canettes (!), rêvant ainsi, ni plus ni moins, de rivaliser avec le Coca Cola. On trouve partout dans le monde du Lambrusco en grande surface. A peine buvable, il n’a pas grand chose à voir avec ce que les producteurs locaux réservent aux alentours. Etonnant, surprenant, ce nectar fait appel à un cépage et une méthode originales. Comme tant d’autres joyaux gastronomiques italiens, ne peut s’apprécier justement que sur place.

Jeunes diplômés en fête, étudiants en chasse de bonnes affaires, joueurs de cartes via degli Artieri, dans le ventre de Bologne. Ces ruelles regorgent de denrées de très haute qualité. L’image générale de la bonne cuisine italienne est souvent celle d’Emilie: tortellini, lasagna, mortadella, ragù, parmiggiano... On s'offre un plantureux repas dans un restaurent réputé.

Une odeur d’urine persiste partout dès qu’on quitte les grands boulevards. Pourquoi trouve t’on si peu de WC ou bancs publics dans ce pays si visité? Mistero...

A presto!





Florence - Poursuites avec vues.

10:34, 4/05/2011, .. 2 commentaires .. Lien
Mots clefs : Florence Toscane

Je n'aime pas les musées et les conventions, je fuis la foule et les boutiques. Comment jouir de cette ville au quotidien?
Comment, sans les convenances du tourisme, goûter aux charmes de la capitale toscane qui invite tant à la marche à pied, avec ce que son allure permet de plaisir des sens: toucher des vieilles pierres, odeurs de cuisine, vues volées des intérieurs intimes, bruit des motorettes ou des voix des passants?
Je m'incruste dans le sillage d'autochtones choisis au hasard des rencontres et m'émerveille d'où ils m'entraînent.

Elles sortent du jardin d'enfants de la piazza d'Azeglio. C'est la pose de midi, sans doute une mamy et sa petite fille. Elles avancent en devisant dans la via Carducci, tournent à droite. Nonchalamment, elles s'arrêtent devant le fleuriste au coin de la piazza Ciompi. L'inévitable petit tour aux puces, avant que les marchands ne ferment leur échoppe. Le pas s'accélère dans la via Pietrapiana.

Pharmacie en face de la poste centrale. Qu'est-ce que je fais? J'attends et tends l'oreille. Une dizaine de clients: tout le monde est pressé. Je ne comprends pas ce qu'elles achètent mais je leur emboîte le pas dès leur sortie. Borgo degli Albizi, de plus en plus de monde: on sapproche du Dôme. Je m'empêtre dans mon plan, carnet de croquis, appareil photo... elles disparaissent quelque part dans cette impasse.

Deuxième filature. Elle est jeune, sûrement très belle. Je la devine alors que je suis à quelques centimètres d'elle dans l'escalator qui nous emmène vers la gare. Très vite, elle rejoint un ami, ils s'embrassent tendrement et traversent la piazza Stazione. Via Nazionale, ils ne parlent pas ou peu. Avancent par saccades et regardent à gauche, à droite. Je n'avais jamais remarqué tous ces hôtels dans cette rue.

Que cherchent-ils? Quels projets secrets ont-ils en commun? Ils traversent plusieurs fois puis s'engagent sans hésitation dans la via di Faenza puis Zannoni. Sans prévenir elle rentre dans une boutique avant le Mercato Centrale. Lui, il fait demi tour après un signe de la main. J'ai compris. Elle en a pour des heures! Au suivant.

 

Il m'a intrigué par ses deux sacs en nylon noir, de forme particulière. Un photographe? Un tireur d'élite? Il marche vite, droit devant lui, tête haute. Toute la via d'Allessandria. Il traverse, j'ai peine à le suivre. Arrivé sur le périphérique, il semble hésiter, regarde les plaques de rue. Ce n'est pas un touriste, quand même? Il tourne les talons et s'engage à refaire le même chemin en sens inverse. J'abandonne.

Un bar derrière Santa Maria Novella, dans une rue dont je cherche encore le nom.

Il m'a paru jovial et avait le tic de taper son verre d'eau sur le marbre du bar pour en chasser les bulles. Il sort, c'est décidé: je le suis. Allure bonhomme, très lente des fois même. Il salue quelques personnes, il doit être du quartier. Parfois, il s'arrête pour un rien, repart.

Au bout de la via del Moro, il traverse l'Arno et tourne dans la via San Frediano. Son allure est de plus en plus lente, il consulte son téléphone souvent, on dirait qu'il attend quelque chose... C'est ma plus longue et plus lente course. A présent, on est en vue de la Porta San Frediano. Il s'arrête et attend. J'attends avec lui, je ne sais pas quoi mais j'attends. Mes pensées s'égarent vers cette brasserie située devant le monument, je me vois déjà déguster la bière qu'ils brassent devant vous. Alors qu'il était planté depuis plusieurs minutes au coin de la gargote tripière, surgit une fille (?) en scooter. Je n'ai pas le temps de poser mon verre (plein) qu'il saute sur la selle comme une gazelle! Ils s'enfuient tous deux hors les murs, à contre sens bien sûr.

Je n'ai pas le temps de me remettre de cette fin drolatique que je suis attiré par une adolescente qui vocifère au milieu de la piazza dei Nerli. Elle marche tout en téléphonant: une sombre histoire de clés qui ne sont pas à leur place je crois. Elle parle pour tout Florence et ne s'en soucie pas. Piazza del Carmine. Elle s'arrête devant un pressing, s'adresse à une personne invisible sans lâcher sa "telefonina".

 

Elle ressort, fonce droit devant les bains publics. Non, elle ne rentre pas. Elle continue de hurler, jusqu'à la piazza San Spirito qu'elle traverse dans l'indifférence générale. Elle passe devant la porte de l'église. Elle est ouverte. Oh non! l'occasion est trop belle! Depuis tant d'années que j'attends de trouver cette église ouverte, je vais rendre visite au Christ de Michel-Ange. Je laisse tomber ma furie.

 

Après une demi-heure, je m'assieds sur les marches longeant l'église. J'entends quelqu'un soliloquer. Je dois rêver! Serait-ce elle à ce balcon en face de moi? Je n'ai pas vu son visage. J'hésite. Il faut dire que rien ne ressemble plus à une ado qui téléphone en rue qu'une autre ado qui téléphone en rue.

J'ai voulu du banal, j'ai été servi. Je me suis encore régalé d'ordinaire, d'anodin, de commun... Mes pauvres articulations en demandent encore? Et moi donc! Demain on va à Sienne.
 




So many touch and go's in Tuscany

10:46, 20/02/2011, .. 0 commentaires .. Lien
Mots clefs : toscane lunigiana chianti

 

Je préfère toujours aller en voiture avec le chien et l’intendance... Ma peur de l’avion a bon dos: la lenteur de ces voyages tant répétés me plaît assez. Passer les Alpes comme au temps de Stendhal, traverser cette plaine immense avec les premières caresses d’une vraie chaleur, sous un ciel d’un autre bleu... quelque chose de mérité.

 

 

Il est loin le temps où  je m’aventurais en ces terres ocres avec 5 marqueurs/3 crayons dans une boîte à chaussure bricolée en table lumineuse.
L’appareil digital et le Mac Book deviennent insidieusement des compagnons indispensables.




Pisa Galileo
Elle a fait le voyage à côté d’un professeur d’histoire de l’Art.
«C’est tellement vrai ce qu’il m’a dit: Sienne c’est le Moyen Age et Florence la Renaissance!» Je réponds in peto que c’est maintenant aujourd’hui que je veux goûter à ma Toscane, peu importent les dates estampillées sur les pans du décor.


Turin, ville tracée au cordeau, grands axes, petites artères, ruelles: tout à angle droit. Toute une dynamique militaire vouée à l’industrie.


Notre hôte est magistrat à la retraite: ça ne rigole pas. D’une politesse d’officier de réserve mais d’une affabilité de politicien en campagne, il en arrive vite, à coups de clichés et de préjugés, à pérorer sur ce furoncle de la bonne société italienne: le racisme nord-sud.
Moi, petit belge, je connais trop bien ce genre de discours: j’y baigne quotidiennement. On se quitte froidement, je crois même entendre un claquement de talons.


Bagnone. Des billets de 500 euros géants à l’entrée de la ville.
Le libraire local est un gagnant du super loto et ce gros village sympathique est subitement devenu le centre mondial de la Veine.
Des centaines de gogos défilent à chaque tirage pour un pèlerinage de l’espoir, sur les lieux même de la visitation de la Chance. Un prêtre improvisé, recruté parmi les animateurs vedettes auprès d’une des dizaines de chaînettes de télé privées qui sévissent en Italie, anime la grand messe.


 

Avril 2001

Je me suis toujours posé ce genre de questions idiotes: ça ferait combien de kilomètres si je devais mettre bout à bout tous les spaghetti que j'ai avalé depuis ma naissance? Si mes traces de pas devaient laisser des empreintes de couleur indélébile dans les rues de Venise, combien de celles-ci resteraient immaculées? Combien de kilomètres ai-je déambulés dans les rues de Florence depuis ma première visite, il y a ... ça se compte en dizaines d'années?
On marche de deux façons à Florence. Les touristes et assimilés: la tête en l'air, à gauche, à droite, en bas... Les autochtones et assimilés: le regard droit devant, décidé, blasé de tant de beauté.
Je pars dans la capitale toscane cet avril, m'user les semelles. Ni touriste, ni assimilé.
Envie de croquer les places et les arcades, d'organiser des poursuites dans les rues. A la façon de Sophie Calle, je vais pister des indigènes et me laisser ahurir de leur quotidien, voir où leurs pas vont me perdre, découvrir en quels visages secrets ils se réfugient. Sans doute, une plate banalité me renverra-t-elle à mes croquis. Quoique. Les courses, le pressing, les enfants à aller chercher, cosa ce alla tivu? les balançoires et les glaciers, l'apéritif et les journaux... je me régale d'avance de ces clichés pour peu qu'ils soient d'au delà des Apennins.

 

A suivre? A suivre!




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